Biographie

Qui est Monsieur Eddie Komboïgo ?

L’intéressé répond lui-même à cette question dans la  l’Observateur du  15/06/2015.

« Eddie Komboïgo est né, le 11 septembre 1964 à Ouagadougou à la maternité Yennenga. Fils de feu Xavier Komboïgo qui était comptable à la défunte entreprise Aubaret et ensuite à l’entreprise Oumarou Kanazoé et de Félicité Ouédraogo, ménagère et maman catéchiste à la Cathédrale et à Samandin. Eddie Komboïgo a quatre frères et cinq sœurs; nous sommes dix dans la famille dont le plus connu, je pense puisqu’il est de la communication, c’est Désiré Komboïgo de l’agence Synergie.
 
J’ai fait mes études à l’école primaire de Samandin 1 pour ensuite rejoindre mon cousin Amidou Guiguemdé qui était directeur d’une école de trois classes à Manga pour faire le CE2, le CM1 et le CM2. A l’époque, il n’y avait pas suffisamment de CEG, tous ceux qui étaient vers l’Est avaient un seul CEG qui était celui de Tenkodogo.
 
Après notre réussite au CEP et à l’entrée en 6e, j’ai été envoyé au CEG de Tenkodogo où j’étais à l’internat. De là-bas, je suis resté pendant quatre ans et j’ai réussi à mon BEPC et l’entrée en seconde. Je devrais rester au CEG de Tenkodogo qui se transformait en lycée avec une seule seconde C.
Ne voulant plus rester hors de Ouagadougou, je suis revenu contre le gré de mon père dans cette ville. Il  voulait que je reste à Tenkodogo parce selon lui, la formation en province était plus sérieuse que celle des grandes villes avec tous les aléas. Mes frères qui ne le laissaient pas respirer, et voyant encore l’un des fils les plus tonitruants revenir à Ouagadougou, cela n’allait pas être facile pour lui. Mais contre son gré, j’ai cherché dans tous les lycées une inscription pour finalement trouver un concours pour le lycée technique.
On a dit que le concours se recrute pour une formation en BEP comptabilité ou en BEP secrétariat. J’ai simplement demandé qu’est-ce que ça veut dire secrétariat ? comptabilité ? Il y a quelqu’un qui m’a dit la comptabilité, c’est pour les hommes et le secrétariat, c’est pour les femmes. J’ai dit, inscrivez-moi en comptabilité. On m’a inscrit, et il fallait que l’on fasse le concours pour retenir 50 élèves. Et sur les 50, j’étais le 50e.
Je ne regrette pas aujourd’hui parce que dès lors qu’on a commencé, les cours, ceux qui sont là et qui sont mes camarades du lycée technique peuvent témoigner, le 50e est devenu parmi les premiers de la classe. Mes enfants aiment me chahuter en me disant que tous les amis de papa disent qu’ils étaient premiers comme papa, alors il n’y avait pas de dernier dans leur classe ?
Après le BEP, j’ai rejoint un lycée qui s’appelle le CEPEC pour faire le BAC G2. Après le BAC, j’ai eu des propositions pour rentrer à la BICIAB, mais je n’ai pas accepté, car je me suis dit qu’il fallait faire des études supérieures. J’ai été accueilli à l’IUT de Ouagadougou et j’ai fait un DUT finances-comptabilité.
 
Après, je suis parti pour Paris pour faire un doctorat à Paris 12 en gestion pour revenir enseigner à l’université de Ouagadougou. J’étais très charmé par un de mes professeurs du nom de Paulin Ouédraogo qui était expert-comptable; je lui disais que je voulais être expert-comptable.
A Paris, je me suis rendu compte que c’était une formation en doctorat en gestion. Je n’ai pas voulu continuer et j’ai demandé à mes parents de m’aider à m’inscrire dans un établissement semi-public qui formait les experts-comptables. Et cela m’a valu le refus de la bourse de mon pays parce qu’il disait qu’il fallait se former comme docteur en gestion et revenir enseigner. J’ai donc quitté Paris 12 et je me suis inscrit à l’Institut national des techniques économiques et comptables de Paris et j’ai cheminé jusqu’au dernier diplôme qui est le diplôme d’études supérieur en comptabilité et finances.
A la sortie, il fallait faire trois mois de stage, pour être expert-comptable installé en France ; je me suis dit que c’était peine perdue et je suis rentré au pays où j’ai introduit mon dossier pour être expert-comptable au niveau de la Cour d’appel à l’époque qui organisait la profession d’expert-comptable et comptable agréé, qui a été accepté. Deux autres personnes étaient parties avec moi, des dames, je ne sais pas si elles sont revenues. L’une d’elle est venue tout dernièrement, mais elle n’enseigne pas à l’université.
 
J’ai consacré 20 ans de ma vie depuis mon retour, le 31 décembre 1993 au Burkina Faso, à donner des cours à l’Université de Ouagadougou. J’ai commencé les cours en janvier 1994 à la Faculté des sciences économiques et de gestion et quelque temps après le départ de Monsieur Tertus Zongo aux affaires politiques, on m’a demandé de le suppléer, de le remplacer à l’UFR Sciences juridiques et politiques en troisième année et j’ai donné mon accord et dispensé les cours jusqu’en 2014.
En 2015, j’ai voulu prendre ma retraite, mais le président de l’Université de Ouagadougou a souhaité que je continue, mais avec ces lourdes charges, je ne veux pas sacrifier les étudiants.
 
J’ai également créé en 1994, le cabinet d’audit financier et d’expertise-comptable Komboïgo, parce qu’en ce moment, c’était un cabinet individuel. Et lorsque vous aviez un cabinet individuel, la loi vous obligeait à mettre votre nom. C’était à Wemtenga, dans le même célibatérium où je vivais quand j’étais étudiant à l’Université de Ouagadougou. Le bureau était dans mon salon et la chambre était ma chambre à coucher. J’ai cheminé pendant quelques mois et à la faveur du déménagement d’un de mes voisins qui n’était autre que mon frère Désiré Comboïgo, j’ai récupéré la maison pour en faire le bureau. Tous ceux qui m’ont connu et qui m’ont rejoint, il y a Adolphe Somda qui est comptable agréé et Mme Kondombo Rachelle. Nous avons porté le flambeau du cabinet jusqu’à aujourd’hui. A l’époque, j’avais un salaire de 25 000 FCFA par mois et eux 15 000 FCFA chacun. Nous avons souffert mais nous avons relevé le défi de bâtir un cabinet de référence. Ils sont devenus maintenant associés du cabinet CAFEC-KA car en 1999, j’ai estimé nécessaire d’ouvrir le capital à ceux qui étaient avec moi au début. Beaucoup de cadres du secteur privés sont passés comme stagiaires ou contractuels chez nous. Vous comprendrez que j’ai maintenant la latitude et le temps pour me consacrer à autre chose, à des activités politiques et sociales parce que les autres font très bien le travail et sans complaisance.
 
Parallèlement, j’ai compris que dans les sociétés, il y avait un besoin d’organisation fiscale, d’appui technique que nous avons pu construire pour en faire des structures accessoires qui travaillent en bonne intelligence avec le cabinet CAFEC-KA. Je suis fier de ce que nous avons pu construire. J’ai entendu dire que Eddie, c’est l’héritage de feu Xavier, Désiré, c’est l’héritage de feu Xavier, Désiré est mon aîné, je ne peux donc pas être l’héritier. Il y a d’autres enfants, à moins qu’on ait pillé leurs héritages. Je me suis construit à partir de zéro.
 
Rentré de mes études, le 31 décembre 1993, j’avais deux choses dans la valise, un ordinateur et une imprimante. A l’époque, les autres venaient avec des chaînes Hifi, des télévisions, et ils s’installent, on dit des « benguistes ». Et lorsque je suis revenu, les gens venaient demander des cadeaux. Je disais, c’est dans le container qui arrive. Au bout de six mois, ils ont compris que rien n’arrivera encore. Et ce sont ces outils qui m’ont permis de démarrer mon cabinet et de devenir aujourd’hui ce que je suis. »

Homme au grand cœur, Eddie Komboïgo a déjà offert une douzaine de forages dans les 09 les communes du Passoré.

En décembre 2012, Eddie Komboïgo est élu députe du Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), (l’ex-parti au pouvoir) du Passoré à l’Assemblée Nationale. Il s’est évertué pendant un peu plus de 2 ans,  à participer aux activités parlementaires.

Les 30 et 31 octobre 2014, survient une «insurrection» au Burkina Faso.

La maison du député CDP d’alors subi les affres des flammes des « insurgés» des 30 et 31 octobre 2014, sans que l’on ne sache pour quelles raisons. Le député du Passoré étant un privé (expert-comptable) et n’ayant occupé aucun poste ministériel et géré aucun fonds public, on ne saurait lui reprocher de détournement ou d’enrichissement illicite. Alors pourquoi une telle forfaiture ? Est-on tenté de se poser la question.

le 9 juillet 2015,  les membres du  Haut Conseil et du Bureau exécutif national désignent Eddie Komboïgo, pour défendre les couleurs du CDP au scrutin  d’octobre 2015. L’investiture du candidat a eu lieu le 11 juillet 2015 à Ouagadougou dans la cuvette du palais des sports.

le 7 avril 2015, une modification de la loi électorale frappe d’inéligibilité Eddie Komboigo et plusieurs de ses camarades à la présidentielle et aux législatives d’octobre 2015.

Malgré l’arrêt de la Cour de justice de la CEDEAO du 13 juillet 2015,  qui prône l’inclusion, les élections se tiennent sans Eddie Komboigo et  ses camarades du CDP.

Le 16 septembre 2015, il est perpétré un putch contre la transition. 

En janvier 2016, Eddie Komboigo est injustement interpellé et  arrêté, puis inculpé pour complicité avec les putschistes, il est  incarcéré à la Maison d’arrêt et de correction des armées (Maca).

Apres 4 mois et demi de détention, après l’audition au fond qui n’a révélé aucune culpabilité, il bénéficie d’une liberté provisoire.

En décembre 2017, Eddie Komboigo est totalement blanchi dans l’affaire du putch.

« Notre client Eddie Komboigo a été totalement blanchi (…). On a essayé par tous les moyens de le mettre dans cette affaire de putsch », a indiqué Me Issouf Kabré, l’un des avocats d’Eddie Komboigo, le vendredi 29 décembre 2017 à sa sortie d’audience.

Le 25 février 2018, la 61ème session du Bureau Politique National(BPN) du CDP met fin à l’intérim à la tête du parti, Eddie  Komboigio reprend pleinement les rênes du parti.

Pendant les mois de mars et d’avril 2018, Eddie Komboigo entreprend une tournée nationale qui le conduit dans plusieurs localités du pays, ce qui contribua à remobiliser les militants et à ragaillardir le parti.

Au 7ème congrès du parti tenu du 5 au  6 mai 2018, le CDP donne une leçon de démocratie à toute l’Afrique, en élisant Eddie Komboigo brillamment à la tète du parti  pour un nouveau mandat de 3 ans.